Academie wang médecine traditionnelle chinoise

Académie Wang de MTC
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LE TRAITEMENT DE LA DOULEUR EN MEDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE 

Dr WANG De Feng

 

PRÉFACE du DR ANDRÉ GASSIOT :

La lutte contre la douleur est devenue une priorité à la fois médicale et sociale, comme le «droit à la santé» et le «refus de souffrir». Si l’on se penche sur l’histoire de la prise en charge de la douleur, on est surpris de découvrir qu’elle est très récente. Le premier Plan Triennal de lutte contre la douleur remonte, en France, à 1998.

Une des raisons de ce retard est d’ordre culturel : la douleur est encore trop souvent vécue comme une fatalité, à laquelle on attribue même des vertus de rédemption. Un autre facteur est la méconnaissance de ses mécanismes intimes : il faut attendre 1965 pour que Wall et Melzack proposent un modèle de compréhension de la douleur, c’est la fameuse «théorie de la porte».

L’idée fondamentale, qui vient bousculer les anciennes propositions, est que le message douloureux est soumis à des mécanismes de régulation et de contrôle «Gatecontrol theory», depuis la terminaison du nerf périphérique jusqu’au système nerveux central. Cette dimension globale permet de comprendre le lien entre le mécanisme élémentaire de la douleur et ses conséquences au niveau central, où il va prendre une dimension émotionnelle pour devenir une véritable souffrance, notamment quand la douleur devient chronique. Aujourd’hui, tous ces mécanismes ne sont pas encore élucidés.

On comprend alors l’importance de tout nouvel apport dans ce domaine, particulièrement celui de la Médecine Traditionnelle Chinoise. D’autant que le même retard existe dans le domaine du traitement et la prise en charge de la douleur. En pratique médicale courante, la douleur est le premier motif de consultation, qu’elle soit aiguë ou chronique. Elle peut être une douleur symptôme ou une douleur maladie. La douleur est un signal d’alarme qui sert en même temps de protection de l’individu.

En effet, chez les personnes qui présentent une insensibilité congénitale à la douleur, celle-ci est responsable de brûlures graves, de fractures osseuses ou de crises d’appendicite fatales, surtout chez les enfants. La douleur est un symptôme aidant au diagnostic ; son traitement se confond avec celui de sa cause et doit disparaître avec la guérison. Certaines douleurs peuvent subsister, devenir rebelles ou invalidantes si l’on ne peut agir sur la cause. En cas de douleur intense, celle-ci est d’emblée vécue sur un mode péjoratif et associée au spectre d’un cancer dans la moitié des cas. Ce type de douleur entraîne une perte du sommeil chez près de 40 % des personnes ; elle provoque des troubles de l’humeur dans 36% des cas et une angoisse pathologique chez un tiers des patients.

Ces quelques éléments introductifs sur le phénomène de la douleur situent l’intérêt du sujet, l’importance d’une compréhension à la fois simple, précise et globale du phénomène. Il demeure sur le sujet beaucoup d’inconnues, de questionnements. Un seul exemple : devant la douleur provoquée par un zona, certains patients, voire même médecins, font appel à un «tradipraticien » dont le succès donne parfois à réfléchir, au-delà du « fourre-tout » de l’effet placébo !

La Médecine Traditionnelle Chinoise résulte d’un long passé d’observations et de pratiques appuyées sur une longue tradition d’ouvrages savants. Elle nous propose une compréhension différente de la douleur et de son traitement, défi permanent pour tout praticien !

Cet important et rare précis sur la douleur en Médecine Chinoise vient combler un vide, celui de l’absence d’ouvrage de référence accessible pour tout étudiant ou praticien de langue française. La finesse et la précision sémiologique, propre au savoir et à l’enseignement de Madame le Professeur Wang de Feng se retrouve tout au long de l’ouvrage. Elle permet la compréhension de toute une symptomatologie qui échappe à notre clinique « occidentale» mais qui « parle» au bon sens. Il ne faut cependant pas oublier que le simple fait de poser une aiguille ou de prescrire une pharmacopée, résulte d’une méthode traditionnelle d’examen et de diagnostic qui nécessite des années d’études. Ceci pour dire que cette pratique ne s’improvise pas et que nous voyons malheureusement trop souvent, de véritables «délires » sur le sujet qui sont de nature à discréditer ce savoir complexe qu’est la médecine chinoise.

Ces quelques lignes sont écrites par un praticien hospitalier à l’expérience plus que trentenaire de la médecine chinoise. Ceci lui autorise à dire qu’étudier la Médecine Traditionnelle Chinoise est un travail permanent qui confère le statut d’étudiant «à vie».

Nous remercions Madame le Professeur Wang de Feng pour ce travail et l’honneur qu’elle nous a fait de nous demander de préfacer son ouvrage.

Dr. André Gassiot

 

PRÉFACE du DR JREIGE MICHEL :

Je salue la sortie du livre de ma consœur et amie, Madame le Docteur Wang De Feng, qui sera, j’en suis sûr, accueilli par mes confrères, acupuncteurs et praticiens de médecine chinoise, avec un grand intérêt. Les étudiants se formant à la médecine traditionnelle chinoise y trouveront une excellente application pratique des connaissances requises; l’enseignement qu’ils y trouveront leur sera, aussi, d’une grande aide dans la démarche diagnostique et thérapeutique. La clarté pédagogique de madame le docteur Wang imprègne cet ouvrage comme son enseignement en est imprégné à l’Académie de médecine chinoise qu’elle dirige. L’idée de prendre «la douleur» comme sujet de cet ouvrage est bien remarquable car le patient est là, réellement écouté au cœur même de sa plainte. L’écoute de la modalité de la douleur fait partie de la sémiologie nécessaire à l’élaboration d’un diagnostic différentié puis d’une thérapeutique qui non seulement sera «antalgique» mais tendra à soigner le mal, (maladie ou dysfonction), qui se trouve en amont de la douleur.

Il est heureux que notre médecine occidentale ait de plus en plus la douleur comme préoccupation et qu’elle ne la considère plus comme un épiphénomène subjectif de peu d’intérêt. En effet, de plus en plus, anesthésistes et algologues insistent dans la formation des futurs médecins pour que la douleur soit bien prise en considération. Cette considération est, depuis toujours, au cœur de la pratique de la médecine traditionnelle chinoise car elle est indispensable pour une prise en charge thérapeutique correcte, efficace et vraiment ciblée.

Dr Jreige Michel

 

PRÉFACE du DR BERNARD VERDOUX :

Voilà quelques années déjà que je connais Mme WANG DeFeng. C’est grâce à mon très cher et regretté ami Siavoch Darakchan, médecin de la faculté de Montpellier installé à Rodez, inlassable baroudeur de l’hexagone à la Chine, qui a consacré sa vie à la médecine traditionnelle chinoise (il avait été nommé expert prés de l’Afssaps pour la pharmacopée chinoise). Je me souviens de notre première rencontre à Toulouse au cours d’une conférence d’un autre praticien célèbre de Montpellier, le Dr Jean Seignalet, où Siavoch me présenta un petit bout de femme dynamique, les yeux pétillants d’intelligence et de vivacité, en plein apprentissage de notre langue.

Ce fut le début d’une collaboration fructueuse entre nous. Elle allait permettre à Siavoch d’approfondir ses connaissances en pharmacopée, de susciter un nouvel intérêt pour cette branche de la MTC et de finalement œuvrer à sa reconnaissance par les autorités compétentes françaises. Elle nous donne depuis la possibilité de partager nos expériences et de nous enrichir de l’apport de cette experte reconnue dans son pays et en relation continue avec le milieu hospitalo-universitaire de Pékin.

L’ouvrage qu’elle nous présente ici est un exemple de la qualité de son travail et nous donne la mesure de l’enseignement moderne de la MTC en Chine contemporaine.

À travers l’analyse méticuleuse d’un symptôme clef, la douleur, le texte explore transversalement de nombreux axes de la pathologie, alternant les considérations théoriques et les applications pratiques précisément détaillées et directement applicables.

La première partie reprend en un catalogue fort détaillé la valeur sémiologique du symptôme avec une richesse d’analyse rarement retrouvée dans les publications occidentales les plus connues. Sont ainsi étudiés successivement l’étiologie analogique, la pathogénie, les modalités d’expression, la nature, la localisation, l’évolution dans le temps, les facteurs d’influence de la douleur.

La seconde partie explore les principes et les méthodes de traitement en pharmacopée, acupuncture et moxibustion, massages et techniques diverses, en nous rappelant quelques principes qui font la force et l’originalité de la MTC comme par exemple la vision globale de la pathologie : «selon la MTC, la douleur est le reflet de l’énergie du cœur qui ressent cette pathogénie dans le corps. Ainsi, il y a trois principes de traitement : traiter les causes, traiter les pathogénies, calmer le Cœur pour apaiser la douleur.»

Les chapitres suivant vont appliquer ces notions pour les intégrer dans un diagnostic global sous l’angle des principaux outils que sont les «huit règles», les «Xié pervers», les «Zang Fu», les «Jing Luo», les substances (Qi Xue Jing Ye, Jing et Shen),dans les principaux domaines de la pathologie courante.

C’est un véritable exercice de Bian Zheng (expression difficilement traduite par différenciation de tableaux cliniques) qui va faire ressortir pour ces pathologies les diagnostics les plus souvent rencontrés, avec des exemples de traitement détaillé en pharmacopée et en acupuncture. Puissions-nous rappeler pour les débutants qu’il n’est pas question de faire rentrer de force tous les patients dans ces tiroirs préétablis mais de créer pour chacun son Zheng propre, en fonction de sa spécificité.

Cet excellent outil d’apprentissage pour les étudiants sera aussi avantageusement consulté par les praticiens plus expérimentés et mérite une place de choix dans l’arsenal des ouvrages de MTC en langue française.

Merci Madame Wang, et bonne route !

Dr Bernard Verdoux
Membre de l’Association Française pour l’Étude et la Recherche en Acupuncture (AFERA) et de l’équipe enseignant le diplôme de Capacité en acupuncture à la faculté de médecine de Montpellier et Nîmes.
À Narbonne, février 2011.

 

PRÉFACE du DR CHENG XINYI :

En 1980, Wang DeFeng fit son externat dans mon service à l’hôpital DongZhiMen, 1er hôpital de la faculté de MTC de Beijing. Elle était connue comme une étudiante brillante, très curieuse et passionnée par la MTC. Elle portait déjà une attention particulière aux patients. A la fin des années 90, elle créa l’Académie Wang de MTC en France où elle apporte sa contribution à l’enseignement authentique de la MTC hors de Chine. En tant qu’ancien de ses professeurs, je suis particulièrement satisfait de voir que la MTC est transmise ainsi dans le monde à un tel niveau.

Nous voulons lui apporter ici notre soutien entier pour l’aider dans cette tâche et lui assurer les liens originels avec la discipline.

Régulièrement les élèves de l’Académie Wang viennent à DongZhiMen pour se familiariser à la pratique clinique de la MTC en milieu hospitalier, et certains professeurs de DongZhiMen sont invités à l’Académie Wang pour des conférences de MTC spécialisées.

A plusieurs reprises, j’ai eu à me déplacer en France pour enseigner, j’ai à chaque fois été surpris de voir qu’autant de médecins pratiquent la MTC à un tel niveau d’excellence.

Parallèlement, j’ai pu aussi constater deux dérives à la pratique de la MTC en Europe, l’une étant une fixation sur la MTC de l’antiquité, en refusant les évolutions récentes, la seconde étant une pratique où les fondamentaux étaient perdus.

L’ouvrage du Pr Wang DeFeng montre bien que la MTC ne s’est pas arrêtée au Huang Di Nei Jing du 2ème siècle avant J.-C., il rappelle les fondamentaux tout en les reliant avec les éléments de médecine moderne. Un gros travail de synthèse qui relie clairement théorie et pratique clinique.

Dr Cheng XinYi,
Professeur, Directeur de l’Hôpital DongZhiMen Beijing (1er hôpital de la faculté de MTC de Beijing).

 

PRÉFACE du DR YVES RÉQUÉNA :

C’est un beau métier que celui de directeur de collection d’un éditeur éclectique comme Guy Trédaniel. Il réserve des surprises. Un beau jour, madame Wang De Feng me fait passer en lecture son manuscrit. Je l’ouvre, je le lis. Mon sang de médecin acupuncteur, chercheur, auteur, ne fait qu’un tour. Ce livre c’est assurément une perle. Il vaut bien mille pièces d’or comme on le disait dans les temps anciens. Mais qui est l’auteur que je connais de réputation et par un certain nombre de mes confrères ?

De Feng, est née à Beijing, d’une famille de médecins, de père en fils sur sept générations.

Après le Bac, que croyez-vous qu’il arriva ? Elle présente le concours pour entrer à l’école de médecine chinoise, qu’elle réussit brillamment.

On est en 1980, elle a dix-huit ans. Son premier cycle d’études dure six ans et s’achève par l’obtention d’un diplôme de médecine chinoise. Mais l’option de trois ans supplémentaires l’attire, il faut passer un deuxième concours pour être admise dans le cycle d’Etudes et Recherches. Elle le présente donc et le réussit également. C’est à la fin de l’année 1988 qu’elle est reçue au diplôme de docteur en médecine chinoise ouvrant la carrière prestigieuse en Chine de médecin professeur et chercheur, susceptible de briguer une chaire et un service dans les hôpitaux chinois. Elle a vingt-huit ans. Mais le destin en décidera autrement... Elle part dans une première mission de six mois au Pakistan, quand, à son retour, des camarades d’études français l’invitent à venir enseigner la pharmacopée traditionnelle chinoise en France. De là se noue des amitiés, le coup de cœur pour notre pays, et au moment de rentrer de sa mission, finalement, elle choisit de rester, malgré le dilemme.

Car ne pas retourner, c’est perdre définitivement son poste et l’opportunité de mener carrière dans son pays natal.

Et surtout, pour elle, de devoir sacrifier ses aspirations à la recherche pour ne se consacrer, en France, qu’à l’enseignement et la pratique clinique.

Presque dix ans vont s’écouler à donner des cours dans les associations de formation des médecins français jusqu’au jour où elle crée sa propre école : « l’Académie Wang » à Toulouse. Depuis, elle y enseigne l’acupuncture, la pharmacopée et le Tuina.

Elle dirige par ailleurs l’enseignement de médecine chinoise auprès des infirmières dans une association à Toulouse et également au sein de l’association formation continue des infirmières à Bordeaux. C’est pour suivre la continuité de la lignée familiale médicale, dit-elle, et pour satisfaire son goût de la recherche qu’elle décide d’écrire ce livre.

Plus de quatre années de recherches et d’élaboration de l’ouvrage dans son domaine de prédilection depuis longtemps : la douleur.

Et autour de ce symptôme, comme fil conducteur, c’est un véritable traité de médecine interne que nous offre Wang de Feng, avec les protocoles d’acupuncture et de pharmacopée, combinés, ce qui est rare, intelligent.

Un ouvrage de référence à consulter au quotidien pour tous les praticiens et les étudiants de cette médecine.

Docteur Yves Réquéna
Médecin acupuncteur, phytothérapeute